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  • Un geste citoyen, svp

    billets-picto-etranger,8-1-181729-3.jpgJe viens de regarder un reportage émouvant sur France 2 (journal de 20h, "le drame du lait") sur un jeune agriculteur de 27 ans, forcé de se séparer de son cheptel de vaches laitières pour survivre, et se contenter, encore heureux qu'il en ait trouvé un, d'un emploi de salarié dans un lycée agricole. Il était triste, désorienté, perdu. Et ce n'est pas normal.

    Je n'écris pas cet article pour vous donner la larme à l'œil. Il est instinctif, voilà tout, et il y a bien 2 ou 3 choses à relever.

    Pour ce processus de démantèlement agricole, que l'on ne s'y méprenne donc pas : ce n'est pas un problème de crise actuelle, ce n'est pas la faute de l'Europe (dont s'abreuvent à souhait les altermondialistes gauchistes les plus extrémistes, Besancenot en tête, pour capter des voix), de Sarkozy ou des Socialistes : c'est tout simplement l'exploitation d'hommes par d'autres hommes, un problème de non-rémunération de ces producteurs par des groupes et/ou grandes surfaces, qui, profits obligent, les "saignent" littéralement. J'exagère, certes, mais pas tant que cela.

    On connaît aussi ces pratiques dans mon milieu. Nombreux sont les "petits" viticulteurs, de Bordeaux, de Loire ou du Rhône, qui sont pieds et mains liés à des négociants ou des acheteurs de groupes de distribution qui ne dépareilleraient pas dans les milieux mafieux. D'autres sont estimables, bien sûr, mais le profit prime.

    C'est pareil pour les producteurs de lait, éleveurs de viandes, les fermiers, ceux qui produisent des fruits, etc... On parle toujours des grèves et grévistes de la Poste, de la Sncf, de la Ratp, des enseignants... mais les autres, ceux du monde rural notamment, n'ayant pas la chance d'être fonctionnaires, n'ont aucun moyen de faire pression : il ne leur reste qu'à murer la porte d'une préfecture ou à jeter (ou donner) des légumes...

    La spirale des "promotions" sans fin

    D'ailleurs, on voit que, pour la première fois de leur histoire, des grandes surfaces sont prises à leur propre piège : à force de multuplier les "promotions", le consommateur, vous, moi, nous réalisons vraiment que, si elles peuvent se permettre de casser les prix durant des mois, cela veut dire qu'en temps normal, leurs marges sont considérables. Ce qui les attend, c'est que nous n'allons plus aller pousser leurs portes en période hors promotions. Les distributeurs le savent et sont aux abois : ils ne parviennent plus à sortir de cette spirale de "prix cassés" et s'arrachent les cheveux pour trouver les solutions : multiplier leurs propres marques (client des Nouvelles Galeries -entre autres, on ne voit sur les rayons que la marque "monoprix", sur les sardines comme sur le jambon).

    Plus le temps passe, plus ces groupes (dans un autre secteur, on appellerait cela des multinationales) "broient" notre patrimoine humain. Un patrimoine, cela va du château de Versailles à nos produits du terroir, ne l'oublions pas. À force d'acheter à bas prix, non seulement le consommateur ne bénéficie pas forcément de ces baisses, mais on lui propose de plus en plus des produits aseptisés. Bien sûr, on en trouvera toujours qui nous jugera que c'est pour le bien des consommateurs, un autre qui nous prouvera que c'est le "bon samaritain" des producteurs...

    Un poulet de Bresse fermier, et même un poulet standard, ce n'est pas un "truc qui ressemble à du poulet" empaqueté par je ne sais qui et provenant d'on ne sait où. Idem pour vos tranches de "jambon" sous vide gorgées d'eau ou de phosphates, pour vos crevettes (lisez les étiquettes" provenant de la mer de Chine) ou -on y revient, de vos bouteilles de rouges fortement matraquées par des prouesses œnologiques et gorgées d'enzymes ou de levures artificiels. Pour mémoire, cet article.

    Chacun de nous peut agir

    Nous sommes donc responsables. Qui n'a pas eu la nausée récemment de voir des producteurs désemparés, humiliés, être forcés de déverser dans des champs leurs milliers d'hectolitres de lait quand la faim dans le monde est une souffrance réelle ? Comment peut-on empêcher cela ? Bien sûr, il y a des quotas européens, voire mondiaux, mais, quand même, on voit bien que leur travail n'est pas rémunéré, en France, par des acheteurs français. La Chine, l'Argentine ou je ne sais qui, ont bon dos..

    En fait, tout reste cohérent. Plus l'on défend les marques du terroir, plus l'on combat les vins aseptisés, plus l'on dénonce la cherté de nombreuses bouteilles dont les proprios se moquent de nous... plus l'on se rend compte que c'est la même chose pour son entrecôte, ses huîtres ou son pain : on se fait vite avoir, avouons-le par une pub alléchante, l'ignorance ou la facilité de pousser un caddie. Pourtant, il suffit de s'assumer, d'agir, de prendre un peu de temps, de frapper à la bonne porte... pour défendre une éthique, avoir un geste citoyen.

    C'est quoi, un geste citoyen ? Soyons bref :

    - Défendre la production française. Comme le développement durable, mieux vaut donner nos sous directement à un producteur plutôt qu'à un marchand, et encore moins à la grande distribution. Plus cette dernière s'enrichit, plus nos agriculteurs s'appauvrissent. Je passe sur le fait d'être traité comme des gogos avec des linéaires et têtes de gondoles savamment travaillés (et chers payés par les marques, ce qui renforcent les marges des GS) qui nous incitent inconsciemment à faire le tour des rayons dans un manège où l'on nous amène où l'on veut, si nous n'y faisons pas attention. On nous prend pour des bestiaux, des niais, et, trop, c'est trop.

    Car proposer le prix le plus bas (ce qui, en soi, est louable), ce ne doit pas être l'occasion pour acheter de moins en moins cher aux producteurs, sans répercuter cela sur le prix affiché aux consommateurs.

    Et la qualité n'en pâtirait popurtant pas. Les enseignes à "bas prix" proposent des produits tout-à-fait honorables qualitativement, non ?

    Personne d'autre que nous ne pourra aider nos producteurs. C'est pourtant simple, facile, pratique : chacun a un marché (ou un petit commerçant) près de chez lui, etc. Les prix sont sages et rémunérateurs pour nos paysans, tout le monde est content.

    Que certains ne me disent pas "c'est pas pratique" !!! Il n'y a rien de plus simple aujourd'hui : Internet permet d'acheter directement sa viande ou ses volailles, ses produits frais comme ses poissons, il suffit de chercher et de cliquer (je vous ferai prochainement un article sur les produits alimentaires accessibles en ligne), à des prix "directs", c'est-à-dire particulièrement intéressants.

    Et remédier, à notre niveau, au chômage, c'est aussi permettre à nos paysans (comme à nos pme) de rester en place et d''embaucher !

    Inutile de s'étendre également sur le bien-fondé d'acheter "sain". Chez un producteur, on a une véritable traçabilité, non ?

    - Soutenir les hommes et les femmes. Être paysan, c'est noble, c'est beau. Faut bosser, être passionné, aimer et défendre la nature, la diversité... Je suis attaché aux vignerons dignes de ce nom depuis 30 ans, il faut faire la même chose avec tous nos autre producteurs, de celui qui est amoureux de sa "charolaise" comme de celle qui concocte ses fromages au fin fond du Berry. Ils valent le coup, ceux-là.

    Bon appétit (et bonnes courses) !

    P. S. Au fait, notre Newsletter de VINOVOX, adressée gratuitement le Jeudi (et dans laquelle est repris ce billet), atteint actuellement les quelque 20.000 abonné(e)s. Pas mal pour un site et une "lettre" qui a débuté en Janvier 2008 et draine désormais en flux direct le contenu de plus de 150 blogs cuisine, vins, voyages... !

  • Le point sur les vins de Bordeaux

    J’aime les vrais vins de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, et les consommateurs comme les producteurs savent que je défends ce qui les intéresse, et les distingue : le rapport qualité-prix-typicité. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pomerol racé à 40 ou 80 €, il les vaut bien.

    Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Satellites, les Côtes ou en Bordeaux Supérieur, où les progrès sont exceptionnels.

    En-dehors de quelques crus mythiques pour lesquels le prix n’est plus un facteur estimatif (on entre alors dans le monde du luxe), ce qui n’est pas du tout justifié aujourd’hui, et on l’a vu -hélas- avec les augmentations de prix du millésime 2005, c’est un Saint-Émilion “fardé” comme un acteur du carnaval de Venise à 80 € (voire bien plus), un “simple” Médoc à 25 €, un “bon” machin à 30 € ou un Bordeaux Supérieur ultra-barriqué à 15 €.

    À force de prendre les consommateurs pour des gogos (demain, les Russes ou les Chinois le comprendront aussi), certains commencent à s'en mordre les doigts...et, tant mieux !

    Crise de confiance et... crise sociale

    Pour mémoire, il existe deux “crises”, très différentes, voire opposées, dans beaucoup de vignobles :

    - Celle, désastreuse pour ceux qui la subissent, qui touche certains viticulteurs, la plupart étant dépendants des prix trop bas du tonneau, qui ont du mal à se faire rémunérer correctement. Les causes sont complexes (un certain négoce peu solidaire parfois, une politique de plantation trop importante, des barrières étatiques…). Ils méritent d’être soutenus, et l’on fera ce que nous pouvons pour les aider. C’est une crise sociale.

    - L’autre crise concerne un bon nombre de vins, à Bordeaux, notamment : trop chers ou trop sensibles à la mode, trop (sur) concentrés, trop endormis sur leurs lauriers, trop imbus d’eux-mêmes, alors que le respect des consommateurs (proposer un vrai rapport qualité-prix cohérent) est impératif. Les acheteurs se sont sentis lésés. On parle beaucoup trop d’argent, de prix, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelconque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une petite minorité. C’est une crise de confiance, et, en même temps, une crise d’identité, tant un bon nombre de vins ont perdu leur spécificité.
    Les “primeurs” (depuis 2000, et surtout 2005 où certains crus ont sorti des prix déments et incautionnables) font des vins bien trop chers, et cela commence à créer un sérieux malaise à Bordeaux (même si, par la force des choses, les prix du 2008 ont chuté), tant il y a de différence entre 2 vins d’une même appellation.

    Les vins de confitures

    Pourquoi payer une bouteille à 50 ou 200 € quand on peut trouver du plaisir dans une bouteille 4 à 10 fois moins chère (même si, et je le sais, que les vins ne sont pas “comparables”) ? Je n’ai jamais soutenu ces vins “parvenus” qui se moquent bien du marché français (et de ses consommateurs). Je ne suis pas non plus intéressé par les vins “confiturés”, sans âme ni vertu, qui font tort à la grande spécificité bordelaise. Pour faire ces “vins”, on récolte des raisins surmaturés, on concentre à outrance (avec des concentrateurs) lors des vinifications, on met le tout dans des barriques où le bois peut, sur demande auprès des tonneliers, vous donner le goût que vous recherchez (de la vanille, du sirop…), et on vous sert un vin à la limite de l’écœurement, noir comme de l’encre, gras comme de l’huile et parfumé comme votre bureau en bois.

     

    Top Palmarès Vignerons 2010
    (confer article)

    - Prix d’Honneur : 72
    - Prix d’Excellence : 64
    - Satisfecits : 44
    - Lauréats : 42
    - Espoirs : 10

     

    Le tour des vignobles

    MÉDOC

    Si les vins du Médoc sont réputés, ce n’est pas pour être des vins intouchables à cause de leur prix ou des micro-cuvées qui n’existent que pour rafler de bonnes notes à des concours et ne correspondent plus à la grande tradition médocaine. Ces pratiques sont une honte pour la majorité des grands vins de la région, qui sont des vins fermés dans leur jeunesse, typés par leur terroir, et qui demandent d’évoluer dans le temps pour s’exprimer, en fonction de chaque millésime, respectant ainsi la nature. La force du terroir est la base de tout. Les autres sont sans intérêt, et les prix sont souvent déments.

    POMEROL

    À Pomerol, il y a des vins splendides, très typés par le Merlot qui se plaît à merveille dans ces territoires diversifiés. Il faut noter que, les exceptions et les excès confirmant la règle, les vins bénéficient d’un rapport qualité-prix-typicité justifié par la rareté comme par la convivialité et l’amour du vin.

    SAINT-ÉMILION

    À Saint-Émilion, on revient dans les histoires de clochers, et à beaucoup trop de frime. Outre un Classement “officiel” qui fait plutôt sourire, faisant “monter” certains crus pour le moins incongrument et discréditant d’autres (Guadet, Faurie, Cadet-Bon, Lamarzelle, Petit Faurie de Soutard, La Tour du Pin Figeac...) qui ne le méritent vraiment pas, on ne peut aussi qu’être déçu par des vins totalement “fabriqués”, vinifiés par ceux qui croient avoir la science infuse et veulent nous faire croire qu’en mettant un vin “200 % en barriques neuves” ou en multipliant les manipulations œnologiques et les concentrations, on sait faire du vin !

    Ceux-là se moquent des amateurs et des autres vignerons de l’appellation que nous défendons,qui savent très bien s’il faut mettre 10 %, 20 %, 30 %, 50 % de leurs vins en barriques neuves, ou moins, ou plus, selon la force du millésime et la structure du vin. On ne fait du bon vin, et a fortiori un grand cru, que sur des terroirs propices, de la “crasse de fer” aux argiles profondes, assortis de dépôts marins ou d’alios. Gare à certains prix, totalement injustifiés.

    Les meilleurs vins de Montagne, Puisseguin, Lussac ou Saint-Georges se retrouvent dans le Classement des “Satellites” de Saint-Émilion, et proviennent de terroirs spécifiques, limitrophes ou rapprochables d’autres sols d’appellations plus prestigieuses, ce qui leur permet de devenir de grands vins à part entière.

    Bien que certains tentent de les mélanger, les deux appellations Canon-Fronsac et Fronsac partagent à la fois des différences et des similitudes. Là aussi, des vins sont surcotés et beaucoup plus marqués par leurs vinifications que par un terroir.

    GRAVES et PESSAC-LÉOGNAN

    Pour les Graves, il existe une variété importante de styles de vins. Cela va des crus réellement (et historiquement) exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac ou Léognan, mais aussi ceux de Podensac ou Portets, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan (quelques-unes des plus belles bouteilles de la région dans les millésimes 2005 et 2004) comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir, d’autres crus atteignant des prix difficilement cautionnables. C’est évidemment le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise.

    CÔTES

    Dans les appellations de Côtes, qui se cherchent toujours, il s’agit de choisir entre les vins typés comme nous les aimons, et d’autres cuvées très spéciales, dépersonnalisées (à ne pas confondre avec les cuvées de prestige retenues), faisant la part belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un terroir en avant, s’il existe.

    BORDEAUX SUPÉRIEUR

    Dans les Bordeaux Supérieur, les progrès sont constants depuis plus de dix ans, et, loin de la démence des prix de certains autres “cuvées Spéciales”, on savoure de nombreux vins remarquables pour leur rapport qualité-prix-plaisir. La plupart des propriétaires retenus élèvent aussi de jolis Bordeaux blancs qui ont du mal à se faire une image.

    SAUTERNES

    À Sauternes (et Barsac), l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea. L’appellation a connu une série de millésimes très différents, du plus exceptionnel (2007, 2004, 2001) au plus difficile (2002). Attention au passerillage, qui n’a rien à voir avec le Botrytis...
    En liquoreux, les appellations (Loupiac, Sainte-Croix-du-Mont...) situées face à Sauternes, recèlent des vins onctueux, qui ont du mal à se faire un nom, pourtant d’un très bon rapport qualité-prix-plaisir.

    Mes Classements 2010 et les Sélections de l'année sont la garantie de ne pas vous faire avoir.

    Les appellations qui comptent : Bordeaux Supérieur, Côtes-de-Bourg, Graves, Haut-Médoc, ­Lussac-Saint-Émilion, Margaux, Montagne-Saint-Émilion, Moulis, Pauillac, Pessac-Léognan, ­Pomerol, Puisseguin-Saint-Émilion, Saint-Émilion, Saint-Julien, Sauternes

    Les appellations qui commencent à compter : Cérons, Fronsac, Lalande-de-Pomerol, Loupiac, Premières-Côtes-de-Blaye, Saint-Estèphe

    Celles qui ont encore du travail : Bordeaux, Canon-Fronsac, Médoc, Premières-Côtes-de-Bordeaux, Saint-Georges-Saint-Émilion

    Celles dont on n’entend pas parler : Bordeaux blanc sec, Cadillac, Côtes-de-Castillon, Côtes-de-Francs, Crémant de Bordeaux, Entre-Deux-Mers, Listrac, Sainte-Croix-du-Mont

    La qualité des millésimes

    Voir Vintage Code ©

    Pour les rouges
    - les grands : 2008, 2005, 2004, 2003, 2001, 2000, 1998, 1996, 1995, 1990, 1989, 1988, 1986, 1985, 1983, 1982, 1978, 1976, 1971, 1970, 1966, 1961.
    - les bons : 2007, 2006, 2002, 1999, 1997, 1994, 1993, 1981, 1979, 1975, 1964.

    Pour les blancs (surtout liquoreux)
    - les grands : 2008, 2007, 2006, 2005, 2001, 1999, 1996, 1995, 1990, 1989, 1986, 1983, 1978, 1976, 1970.
    - les bons : 2004, 2003, 2000, 1998, 1997, 1994, 1988, 1979.

  • La foi, le business et les fioles

    image les Médocaines et WIT France

     

    Garçon, une fiole, svp !!!

    Voici le dossier de presse que j'ai reçu concernant, le titre laisse rêveur" : Les Médocaines défilent en WIT

    Le "wit", c'est quoi ? c'est le WINE IN TUBE. Mais si, on vous le dit dans le communiqué : "découvrez le nouveau conditionnement de vin au verre... une vraie innovation au service de la tradition" (fallait oser pour cette conclusion).

    Bref, passons notre chemin, pauvres ringards que nous sommes, avec notre verre : il faut boire les vins dans des fioles de laboratoire maintenant, cela fait tellement plus terroir, non ?

    De mauvais esprits diront que cela leur rappelle leur dernière analyse. Faut dire que les couleurs, sur les photos, ne sont pas des plus délicates. Pourtant, ils sont jolis, ces petits tubes.

    Franchement, que ne faut-il pas faire pour se faire remarquer et avoir un petit article (sur ce point, l'objectif est atteint, ici).

     

    Guibert vs Roland

    En parallèle, j'ai revisionné cet échange entre mon ami Aimé Guibert (Daumas-Gassac) que j'estime depuis 30 ans et le "roi" des œnologues, Michel Roland (que je connais depuis autant de temps, contre lequel je n'ai rien et me ferait plutôt sourire), qui, on ne peut le contester, a su vendre sa "marque" comme on vend de la lessive (c'est le moins que l'on puisse dire). Deux mondes du vin pas différents mais totalement opposés : d'un côté, l'âme du vin, de l'autre, la mondialisation et l'aseptisation œnologique...

    Beaucoup d'entre nous ont vu que Roland s'est fait également largement épinglé dans le film Mondovino, dont voici la bande-annonce et lisent à droite comme à gauche que les doutes subsistent sur les connivences "Parker/Roland" et les notes du premier sur les vins travaillés par le second. Ah, les mauvaises langues !

    Le "pompom", dans cette vidéo, c'est la phrase finale de Michel Roland sur les viticulteurs du coin qui dévoile ce qu'il en pense : "(qui) n'y connaissent rien, de vrais paysans, un peu cul-terreux". Mais que les vignerons du Languedoc se rassurent, on peut croire qu'il pense la même chose des "petits" vignerons de Bourgogne, de Bordeaux, de Loire ou d'ailleurs. C'est beau, l'arrogance...

    De la cause à l'effet, ce qui est le plus amusant, c'est que, ni les vins de Michel Roland (Bon Pasteur, entre autres), ni ceux de ces quatre médocaines (Paloumey, La Tour de Bessan, Taillan, Loudenne), ne sont pas ou plus dans mon Guide, et, pour certains, depuis belle lurette. Étonnant, non ?

     

  • Vins et Millésimes : Ce qu’il faut retenir cette année

    guide-20104-169x300.jpgAlsace
    Le millésime 2008 est nettement plus réussi que le 2007, particulièrement difficile (il y a des exceptions), les 2006, 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2006, 2004, 2001, 2000, 97 ou 89). Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins trop souples, qui deviennent de plus en plus “douceâtres”.

    Beaujolais
    Pour les crus, le 2008 est prometteur, et le 2007 a été très difficile à maîtriser, le 2006 est excellent, le 2005 très typé, le 2004 est un millésime dense et très aromatique, et le 2003, trop mûr, beaucoup moins intéressant. La force du terroir donne une réelle typicité à chaque cru, et les meilleurs vignerons s’évertuent à sortir de beaux vins, chacun représentatif du style de son appellation.
    En Jura et Savoie, de nombreux coups de cœur, avec une gamme qui va de la plus grande fraîcheur à la plus grande complexité.

    Bordeaux
    v Dans le Médoc, Misez sur les 2008, 2007, 2006, 2004 et 2002 (supérieur au 2003), voire 2001, très classiques, et faites-vous plaisir avec les 99, 97, 96 ou 90. La priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature… Il y a une dizaine d’années, le travail des vignes avait été délaissé dans certains grands crus, au profit de la vinification et d’expériences à outrance. Si les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savent faire, en se servant des progrès mais sans masquer leur typicité. De Pauillac à Saint-Estèphe, de Moulis à Margaux, à Listrac comme à Saint-Julien, en Haut-Médoc et en Médoc, les coups de cœur sont nombreux. En parallèle, les prix très exagérés de certains vins renommés sont difficilement cautionnables, surtout pour le 2005.
    v Structure, charme, intensité, distinction, les plus grands vins de Pomerol sont particulièrement sensibles et marqués par leurs sols, très diversifiés. Ici, nul besoin de s’escrimer à vouloir abuser de la barrique neuve ou d’une surconcentration pour faire un grand vin, c’est le terroir qui prime, et signe la distinction. Les 2007, 2006, 2004, 2003 et 2002 sont très savoureux (le 2002 peut-être même supérieur), le 2001 remarquable, plus fin, le 2000, superbe.
    v À Saint-Émilion, le 2007 est très classique et charmeur, Beaux millésimes 2008, 2006, 2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2005 et 2003. Quelques crus ont remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux qui sont trop “confiturés”. Comme dans l’ensemble du bordelais, débouchez les millésimes 2000 à 90 en ce moment. Un certain nombre de crus pratiquent des prix qui ne sont pas justifiés. Certains se flattant ici d’élever des cuvées très “spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de Saint-Émilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au plus modeste rapport qualité-prix.
    v Du plus grand vin au plus abordable, on savoure, du nord au sud de cette “entité” des Graves, une variété importante de styles de vins. Mes dégustations en Pessac-Léognan comme en Graves, des millésimes 2008 à 2001, confirment mon Classement des valeurs sûres, celles où le talent des hommes s’associe à la race du terroir. Gare à certains prix néanmoins, comme à une concentration outrancière chez certains, au détriment de la typicité, notamment dans le millésime 2005, pour les rouges. Les blancs 2008, 2006, 2005, 2004, 2001, 2000, 98 ou 97 sont excellents. Des crus réellement exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac, Léognan, mais aussi ceux de Podensac, Portets ou Saint-Morillon, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir. C’est le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise, aux côtés de rouges puissants et typés.
    v Dans ces appellations de Côtes, misez sur les millésimes 2008 à 2000, avec l’opportunité des excellents 2006 et 2004, même s’il y a de tout, de grands vins racés et d’autres cuvées issues de vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un véritable terroir en avant. Les meilleurs vins se trouvent à Bourg et à Blaye, et les grandes valeurs sûres des Premières Côtes sont incontournables. Castillon fait souvent des vins plus “modernes”.
    v En Bordeaux Supérieur, les dégustations des millésimes 2008 à 2000 confirment l’exceptionnel plaisir que procurent aujourd’hui ces vins, même si, comme ailleurs, la différence des terroirs et l’élevage sont toujours prépondérants. Attention également aux cuvées trop boisées ou trop concentrées (et bien trop chères), qui n’ont aucun intérêt. Les meilleurs tiennent la distance avec des millésimes 99, 95 ou 96, excellents actuellement.
    v A Sauternes, le millésime 2007 est formidable, dans la lignée du 2001. Plusieurs millésimes, en dehors du 2002 (où le plaisir est bien rare), comme les 99 ou 98 sont de toute beauté. Les 2006, 2005 et 2003 sont réussis, les 2005 et 2003 certainement moins typés, et le 2004 particulièrement savoureux et classique. Les plus grandes bouteilles à leur apogée sont aujourd’hui celles des millésimes 96, 95 ou 89, où l’on atteint le grand art.l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea, ce minuscule champignon qui a le pouvoir d’augmenter la teneur en sucre des raisins, aidé par les brumes matinales des automnes qui précèdent un soleil chaud à midi, favorisant sa prolifération.

    Bourgogne
    Le millésime 2007 est très réussi, en blanc comme en rouge, supèrieur au 2006 pour les rouges. Les millésimes 2008, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000 et 99 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, en blanc comme en rouge, qui côtoie donc un 2003 atypique. Le grand 2005 suit le 2004, dans les 2 couleurs, et demande de la patience. Superbes bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 99, 95 ou 89, alors que les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 99, 97, 89 ou 85. Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit. L’altitude des vignes, l’inclinaison des pentes, la richesse des sous-sols en ressources minérales… Tout concourt donc ici, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime, et cela explique l’extrême diversité des grands vins bourguignons, qui leur donne cette typicité unique, où l’élégance prédomine toujours, en rouge comme en blanc. Voici donc ces vignerons talentueux et passionnés que je soutiens, pour lesquels il n’y a nul besoin de fioritures ni de vinifications “gonflées”, et dont les prix sont bien souvent justifiés, même si les prix remontent.

    Champagne
    Mon Classement est nettement remanié cette année, avec des producteurs qui montent en grade… Cette hiérarchie vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative. Un bon Champagne c’est charmeur, un grand Champagne, c’est toujours un plaisir exceptionnel, que l’on n’a d’ailleurs jamais pu copier ailleurs. Les hommes et les femmes, les assemblages et les terroirs font, là comme partout, toujours la différence. Certains “vieux” millésimes sont remarquables de fraîcheur et prouvent le potentiel d’évolution des meilleures cuvées. On trouve de remarquables cuvées à des prix très justifiés, dans toute la gamme, comparativement à d’autres appellations, et on comprend le sucès de la région. On est vraiment au sommet dans la région.

    Languedoc
    Les millésimes 2008 à 2003 sont réussis, les 2002 et 2000 savoureux. Je soutiens les hommes et les femmes qui s’attachent à élever des vins typés par ces terroirs de garrigues, maîtrisant les rendements, respectant leur spécificité. Les terroirs ont le potentiel pour que l’on y élève tout naturellement de grands vins racés, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue avec des cépages inappropriés. Pour certains, l’exagération des prix et certaines “renommées” bien trop récentes commencent à se dégonfler comme des baudruches.

    Provence
    L’influence des millésimes est beaucoup moins marquée ici, et l’on peut estimer une très bonne série, de 2008 à 2003, le 2002 étant un ton en-dessous). Les blancs sont souvent remarquables, et les rosés reviennent à la tête de ce type de vin (2007 et 2005 superbes).Il faut savoir choisir la bonne adresse ici, se méfier des vins et des prix de “touristes”, et de la grande cavalerie des rouges et rosés de bas de gamme que l’on débouche parfois. Ceux qui comptent sont ceux de ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages de la région (Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle, Ugni blanc…), dans ces terroirs complexes, argilo-calcaires, caillouteux, graveleux ou sableux. Eux élèvent des vins formidables dans toutes les appellations, en rouge, en blanc et en rosé. Idem pour la Corse.

    Sud-Ouest
    Les millésimes 2008, 2006, 2004, 2005, 2003 et 2001 sont des réussites, le 2007 se goûte bien. Les vins ont une réelle typicité, un potentiel de garde (beaux 99, 95 ou 86) où les cépages et les sols ont leur influence et une véritable présence historique. Quelques rapports qualité-prix-plaisir exceptionnels, en rouges, en blancs secs et en liquoreux (millésimes 2004, 2000, 95 ou 90). Attention aux “microcuvées” qui apparaissent, pas typées et à des prix incautionnables, les meilleurs vignerons s’attachent ici à élever des vins racés.

    Val de Loire
    Le millésime 2008 est particulièrement réussi, même si, parfois, les quantités sont très faibles. Le 2007 est difficile en rouges en Touraine comme en Anjou, et c’est la raison pour laquelle les rosés -eux- sont particulièremernt savourteux. Les blancs 2007 sont dans la belle lignée des 2006, et la typicité s’allie à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable. Pour les blancs secs, de très grandes bouteilles en Pouilly-Fumé comme à Vouvray, à Sancerre comme à Savennières ou à Saumur. Les liquoreux sont exceptionnels, notamment en Coteaux-du-Layon ou Vouvray, et les rouges associent charpente et fraîcheur, du plus souple (Touraine, Bourgueil, Sancerre…) au plus charnu (Chinon, Saumur-Champigny…), des vins qui s’apprécient jeunes mais savent aussi garder la distance (remarquables 2000, 98 ou 95). Le millésime 2002 est très réussi en blancs, difficile en rouges, et les 2004, 2003 et 2001 sont savoureux. Beaux liquoreux en 2004, 2003 et 2001, et un millésime 2005 typé, prometteur.

    Vallée du Rhône
    Si le 2008 devrait tenir toutes ses promesses, le 2007 est remarquable ici, peut-être supèrieur au 2006. Les 2005 et 2003 sont très mûrs, le 2002 a été très difficile à maîtriser, et le 2004 très classique, très réussi. Il faut prendre le temps de conserver ces vins, car on débouche de grandes bouteilles actuellement dans des millésimes comme 98, 95 ou 90, De Vienne en Avignon, les vins rouges et les blancs, du plus prestigieux au plus méconnu, sont denses, racés et chaleureux, et, bénéficient d’un très beau rapport qualité-prix-typicité.

    Voir la Vintage Code ©.

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