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Dégustations

  • L'accord idéal des vins et des mets du monde

    La règle de base : savoir s’adapter à la gastronomie et aux habitudes alimentaires de chaque pays. La gastronomie d'un pays explique en effet toujours le vin que l'on y produit, et vice-versa. Si les vins rouges espagnols ou grecs sont corsés et riches, c'est parce qu'ils s'adaptent parfaitement avec les plats épicés que l'on prépare dans ces pays. C'est le même cas à Bandol ou au Chili.

    Les vins blancs secs et moelleux ont une explication plus pragmatique : on les boit soit (et surtout) en dehors des repas, à l'apéritif ou en soirée, comme on le fait en Allemagne ou en Californie, soit à table, avec des mets recherchés, qui vont de l'escalope de veau à la crème avec un Meursault, au foie gras avec un Sauternes.

    A l'apéritif, nous avons le choix : les vins blancs secs donc, les liquoreux, ceux de Muscat (Grèce, Chypre, Afrique du Sud, France), comme les vins vinés (du Madère au Banyuls). Sans oublier les innombrables alcools blancs (Gin, Vodka) ou non (Whisky, Porto...), purs ou en cocktails. Les rouges ne sont pas réellement faits pour cela.

    En fait, on comprend beaucoup mieux le style des vins californiens ou australiens quand on goûte les mets locaux. Peu d'habitudes de repas, comme ceux que nous connaissons, aux États-Unis , et ceci explique que les vins à la mode soient des blancs secs ou des rouges outrageusement parfumés, qui masquent le contenu de l'assiette, ou que l'on boit à d'autres occasions.

    A l'inverse, en Bulgarie comme en Italie, en France comme en Espagne, la gastronomie, omniprésente, vient s'associer avec chaque type de vin, selon chaque région (beaucoup de plats sont d'ailleurs faits au vin dans ces pays). Sur un tout autre plan qualitatif, il en est de même en Chine, où les épices s'accordent très bien avec les eaux-de-vie comme le Brandy à l'eau...

     

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    A L'APÉRITIF


    Champagne ou autres mousseux, Sauternes, Xérès, Porto, Vins Doux Naturels et la plupart des vins blancs secs ou moelleux du monde comme un beau Muscat de Patras, en Grèce.



    AVEC LES ENTRÉES


    Asperges : un Muscat d’Alsace.

    Artichaut : un bon rosé sec d’Anjou.

    Avocat : des blancs secs (Sauvignon, Gewurztraminer), voire légèrement moelleux (Rheinpflaz Spätlese ou demi-secs d’Anjou).

    Caviar : Corton-Charlemagne, Champagne, Pouilly-Fumé, Vodka.

    Choucroute : Tokay d’Alsace ou Riesling allemand.

    Escargots : un Bourgogne, rouge ou blanc. Sinon, des vins italiens comme le Nebbiolo ou le Brunello.

    Foie gras : Champagne rosé ou de grand millésime, assez vineux, Gewurztraminer et Tokay de vendanges tardives si le foie d’oie est alsacien, Barsac ou Sauternes si c’est un foie de canard du Sud-Ouest, voire un Porto Vintage.

    Jambon de Parme ou de San Daniele : blancs secs (italiens bien sûr, comme le Chianti, voire un Mâcon-Villages); essayez aussi des blancs moelleux alsaciens ou allemands. Avec les jambons de montagne classiques, prenez les vins de la région ou du pays.

    Œufs : des rouges légers et frais (Beaujolais...), voire un Clairet de Bordeaux ou un rosé de Tavel.

    Pâtes, sauce à la crème : blancs secs italiens, voire un Dolcetto rouge.

    Pâtes, sauce tomate : les rouges italiens bien évidemment (Chianti Classico, Barbera...), ou un Côtes-du-Rhône-Villages.

    Pâtés et terrines : des vins assez typés, solides comme un cru du Beaujolais (Morgon...), un Madiran, un Chinon, ou des vins rouges espagnols...

    Potages : soit un Champagne (rosé, de préférence), soit des rouges frais et jeunes (Beaujolais, Lambrusco...).

    Quiche : un Tokay d’Alsace jeune, ou des demi-secs de Loire.

    Paella : bien évidemment, les vins espagnols rouges, puissants et épicés, voire un Bandol rouge ou un Côtes-du-Rhône-Villages.

    Saumon fumé : Pouilly-Fumé (ma préférence) ou Xérès fino.

    Terrines de légumes : des vins blancs légers (Italie, Loire).



    AVEC LES FRUITS DE MER 
    ET LES CRUSTACÉS


    Coquillages : un vrai Muscadet, ou un blanc très sec et très jeune comme le Vinho Verde du Portugal.

    Coquilles Saint-Jacques : soit un blanc sec et onctueux à la fois (Graves, Pouilly-Fuissé, Chablis), soit un blanc moelleux si elles sont préparées à la crème. Les vins de Chardonnay ert Sémillon provenant de l'Afrique du Sud et de la Californie conviennent.

    Crevettes : la plupart des blancs, et surtout ceux d’Alsace, d'Allemagne et d'Autriche.

    Cuisses de grenouilles : un blanc plus rond, fruité comme un Entre-Deux-Mers, un Sauvignon de Loire ou d'Australie.

    Écrevisses : un Pouilly-Fumé.

    Homard : des vins suaves et parfumés comme les Corton-Charlemagne, Meursault, Tokay d’Alsace ou Rheingau Spätlese d’Allemagne.

    Huîtres et moules : Sylvaner, Muscadet, Entre-Deux-Mers, Vinho Verde, et bières...



    AVEC LES POISSONS


    Bouillabaisse : des blancs (Cassis, Bandol, Côtes-de-Provence), voire un rosé frais et fruité.

    Poissons grillés : des vins blancs secs (Anjou, Mâcon, Vinho Verde, Pinot blanc, Entre-Deux-Mers...).

    Poissons en sauce ou à la crème : des vins blancs puissants (Meursault, Tokay, Rheingau Spätlese), voire liquoreux.

    Poissons de rivière : des vins blancs relativement secs comme le Sancerre, un bon Bourgogne blanc (Chassagne-Montrachet), un Riesling d’Alsace ou d’Allemagne.

    Sardines fraîches : Vinho Verde, ou un autre blanc très sec et très frais.
    Saumon grillé :  des vins blancs puissants (Pouilly-Fuissé, Chablis, Montrachet).



    AVEC LES VIANDES


    Avec les viandes blanches


    Brochettes et côtelettes d’agneau : la plupart des vins rouges, avec une préférence pour les Bordeaux relativement souples ou un Bardolino italien.

    Gigot d’agneau : des Bordeaux plus tanniques (Médoc), un Barolo italien et un Zinfandel de Californie ou  d'Afrique du Sud.

    Curry d’agneau : un vin blanc onctueux et épicé comme le Gewurztraminer, un Rheinriesling allemand ou d'Afrique du Sud, voire un  grand Condrieu ou un Hermitage.

    Jambon, côtes et rôti de porc :  des rouges légers (Barbaresco, Beaujolais, Chianti, Pinot d’Alsace).

    Côtes, escalopes et ris de veau : des rouges légers également, tout en rondeur (Argentine, Italie, et vins  de Pinot noir) .

    Côtes, escalopes et ris de veau à la crème : un grand Bourgogne blanc   (Puligny-Montrachet ou Meursault), voire un rouge suave comme le Dolcetto ou le Tignanello.

    Moussaka : vin rouge grec ou Mavrud.

    Rognons : des vins riches et corsés, rouges ou blancs selon leur préparation (crus de la vallée du Rhône, Chianti, Rioja, vins d'Afrique du Sud et du Chili).

    Avec les viandes rouges

    Bœuf rôti : la plupart des vins rouges assez corsés et tanniques, avec une  préférence pour les Bordeaux, et autres vins de Cabernet-Sauvignon et de Merlot (Afrique du Sud, Chili), relativement jeunes. Les vins italiens vont parfaitement (Tignanello, Montepulciano, Gattinara).

    Bœuf bourguignon (ou pot-au-feu) : le même vin rouge que celui employé pour la cuisson, et tout particulièrement un Bourgogne puissant (Mercurey, Pommard, Nuits-Saint-Georges), un Gigondas, un Côte-Rôtie, un Rioja, un Mavrud, un Bandol, un vin chilien ou un Barolo.

    Gigot en croûte : rouges souples, intenses et parfumés comme ceux du       Libournais, d'Afrique du Sud, du Chili et d'Italie.



    Avec les volailles et le gibier

    Canard : des vins puissants et parfumés comme un Hermitage, un Châteauneuf-du-Pape, un Moulin-à-Vent, un Pommard, un Tignanello ou un Barolo italiens, un Cabernet-Sauvignon du Chili, un Shiraz d'Afrique du Sud, un Corton ou un Pauillac.

    Confit de canard : des vins corsés (Madiran, Cahors, Saint-Émilion, Barolo, Nebbiolo, Zinfandel).

    Oie : soit un vin blanc légèrement moelleux (Anjou...), soit des rouges frais et légers (Chianti, Beaujolais, Touraine...).

    Oie (farcie) : des vins souples et fruités comme le Valpolicella, ceux du  Penedés, un Médoc (et par extension, les autres rouges issus du Cabernet-Sauvignon comme ceux de Californie, de Nouvelle-Zélande ou de Bulgarie), ou un Côte-de-Beaune.
    Poulet rôti : la plupart des vins rouges assez jeunes. Les vins d'Argentine vont bien comme ceux de la vallée du Rhône et de Bordeaux.

    Poulet à la crème (ou en sauce) : surtout des blancs demi-secs ou moelleux de Loire, un grand Bourgogne blanc (Chassagne-Montrachet, Auxey-Duresses), et des vins de Chardonnay provenant de Nouvelle-Zélande ou de Californie.

    Gibier à plumes : des rouges corsés (Pommard, Hermitage, Moulin-à-Vent, Bandol, Barolo, Saint-Estèphe...), voire des blancs de vendanges tardives. Pour l'exotisme, un Zinfandel de Californie ou d'Afrique du Sud, et les vins issus de la Syrah.

    Gibier à poils : des rouges encore plus puissants, parvenant à maturité (Côte-Rôtie, Rioja, Barolo, vins  de Syrah plus âgés d'Afrique du Sud, vins chiliens     de Cabernet-Sauvignon).



    AVEC LES FROMAGES


    En réalité, et contrairement à des habitudes de consommation courantes, ce sont les vins blancs qui s’accordent le plus avec les fromages.


    Fondue au fromage : impérativement des vins blancs de montagne (Savoie, Suisse, Italie du Nord, Australie...).

    Fromages de chèvre : un Sancerre ou un Anjou demi-sec, sinon un Vinho Verde portugais.

    Fromages à pâte sèche : des blancs secs de montagne ou légèrement moelleux (Val de Loire, Allemagne, Hongrie).

    Fromages doux à pâte molle : des rouges légers et fruités (Beaujolais), et des blancs parfumés (Savoie, Suisse, Alsace, Italie, Australie...).

    Fromages forts à pâte molle : vins blancs secs ou demi-secs (Anjou, Gewurztraminer, Tokay, Auslese d’Allemagne ou d’Autriche, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Joseph...). Goûtez aussi un Barolo, un vin du Chili, ou un cru de la vallée du Rhône.

    Fromages persillés : en dehors d’un grand Porto Vintage (ma folie sur un roquefort), uniquement des grands vins blancs moelleux et doux d’Alsace (Gewurztraminer vendange tardive), d’Allemagne (Trockenbeerenauslese d’Allemagne), de la Loire (Quarts-de-Chaume, Bonnezeaux), de Bordeaux (Sauternes), ou de Xérès. Sinon, les vins vinés d'Afrique du Sud ou d'Australie.



    AVEC LES DESSERTS


    Avec la plupart des desserts (à l’exception des fruits et des glaces), les vins doux comme un Muscat de Beaumes-de-Venise ou de Patras (voir Grèce), un Madère, un Porto, voire, plus simplement, le fameux  Asti Spumante (voir Italie).

    Plus liquoreux, un Sauternes, un Moscatel, un vin de Chypre ou un superbe Tokay hongrois, un Quarts-de-Chaume de la Loire ou une vendange tardive d’Alsace ou d'Allemagne.

    Avec le chocolat : un Banyuls Rimage, un vieux Porto Vintage, ou un Tokay de nouveau.




    EN DIGESTIF


    Poursuivez soit avec un Porto Vintage si vous l’avez pris sur le fromage, soit dans les grands spiritueux traditionnels comme un Bas-Armagnac, un     Cognac X.O., une eau-de-vie de fruits (Prune, Poire Williams...), une liqueur (une crème de mûre pure, par exemple), voire un malt style Balvenie.

  • Le millésime 2007 fait honneur aux vrais terroirs

    Brigitte Dussert : le millésime 2007 a été critiqué dès le mois de septembre, avant les vendanges, notamment à Bordeaux ? Qu’en-est-il ?

    Patrick Dussert-Gerber : c’est navrant. Je l’ai déjà écrit dans mon Blog, début Février : on juge sans savoir, sans avoir rien goûté, pas enquêté, pas suivi l’évolution des raisins, ni les vendanges, ni les sélections, pas vu les efforts des hommes, les éclaircissages, ni les tris, rien compris à l’influence des terroirs cette année, celle du calcaire ou des graves en sous-sol, rien vu de le réactivité du Cabernet-Sauvignon, pas saisi la résurgence de l’acidité, pas assimilé ce long cycle végétatif, ni les vinifications… Il y a des critiques trop imbus d’eux-mêmes qui disent n’importe quoi, ils se sont découverts à cette occasion..

    D’une manière générale, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le millésime 2007 est relativement classique.
    Il faut comprendre que, ces dernières années, nous nous sommes habitués à goûter des millésimes “très chauds” dû, au réchauffement climatique peut-être, en tout cas à des millésimes particulièrement précoces. Les viticulteurs se sont habitués à récolter des raisins très mûrs, il y a même eu des millésimes très atypiques comme le 2003, voire le 2005, même si c’est un grand millésime. On a oublié que les grands vins français avaient -aussi- besoin d’une bonne acidité.

    Les vins ne doivent pas être alcoolisés, j’ai le recul de trente années d’expérience professionnelle et, que ce soit dans la Loire ou à Bordeaux, on ne faisait pas de vins ultra-concentrés, trop riches. Même à Châteauneuf du Pape, voire en Languedoc, où les vins sont charnus et colorés, ils doivent conserver et associer finesse et densité, et ne pas être uniquement des vins gorgés d’alcool, trop capiteux.

    Ce sont ces qualités qui caractérisent les vins français, par rapport aux vins américains ou espagnols qui sont des vins plus lourds par manque d’un équilibre d’acidité.

    Souvent, on oublie que ce sont les meilleurs terroirs qui donnent l’acidité. Dans un millésime plus délicat comme le 2007, on va se rendre compte que dans les territoires de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne, les vins les plus réussis, les plus grands, seront les vins issus de vrais terroirs qui assimilent la différence climatique, où la vigne a eu le moins de stress hydrique, et c’est ce qui fait toute la différence.

    C’est un millésime qui fait honneur aux grands terroirs, si vous avez de vieilles vignes en coteaux, sur des croupes ou sur des plateaux avec un bon terroir filtrant, vous aviez tous les atouts pour faire un très bon 2007. Par contre, si les terres sont trop riches ou dans les bas-fonds, dans un millésime comme 2007, cela ne pardonne pas. C’est vrai dans tous les vignobles.

    Brigitte Dussert : vous voulez dire que c’est un millésime où l’on n’avait pas droit à l’erreur ?

    Patrick Dussert-Gerber : cela veut tout simplement dire qu’il faut vivre avec la nature, accepter ses aléas, profiter justement des nouvelles techniques pour mieux les combattre, mais toujours différencier chaque millésime, lui rendre son style, et les techniques ostentatoires ne servent pas à grand-chose si l’on n’a pas un terroir. La priorité, c’est laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature, en l’accompagnant quand il le faut.

    Le vin, c’est comme la vie : un peu de poésie, l’empreinte d’une origine, quelques notes de souvenirs, un zeste de sensualité, de la mesure et du respect. Il faut aussi être sensible à tous les vins, aller sur place, dans toute la France, et ne pas se contenter de dégustations mondaines, qui masquent la réalité du terrain.

    Des millésimes comme ce 2007 permettent de cadrer le monde du vin. Ils remettent les “pendules à l’heure”. Pas question de jouer les apprentis chimistes dans un millésime comme celui-ci, c’est le travail dans les vignes, la force des terroirs et l’assiduité des vignerons qui font le succès. C’est beaucoup trop facile de réussir un 2005. Savoir élever un vin, c’est réussir son 2007.

    D’ailleurs, les vins typés, de toute la France, que l’on goûtait il y a 25 ans n’ont pas tellement changé, ils étaient bons et ils le sont toujours, avec cette empreinte très forte de leur terroir.

    Brigitte Dussert : le terroir, le talent des hommes, les soins apportés aux vignes... sont donc les “secrets” d’un beau 2007 ?

    Patrick Dussert-Gerber : l’élégance prime cette année. Tout le monde apprécie en effet de déboucher des vins qui s’accordent parfaitement aux mets et ne sont pas lourds, des vins aromatiques mais pas surpuissants.

    C’est aussi cela la force des vins français, on se fait plaisir à table, on ne les boit pas en-dehors des repas, comme un whisky ou un cognac, à l’apéritif ou en digestif comme le font les américains ou les asiatiques.

    Nous revenons, avec les millésimes 2006 et 2007, à des vins élégants. Ceux qui ne connaissent pas bien la force des terroirs français se méprennent avec le 2007, il ne faut pas oublier que c’est toujours le mois de septembre qui fait le vin à Bordeaux et non pas le mois d’août, et je précise aussi que la notoriété de tous nos vins typés français, c’est leur élégance, leur finesse et non leur concentration.

    Ce seront donc les grands terroirs qui feront les meilleurs 2007, mais pas uniquement les plus connus, car il y en a de beaux terroirs partout dans le bordelais : en Côtes de Bourg, à Blaye, en Bordeaux Supérieur, à Montagne Saint-Émilion... Les vignes plantées n’importe où, dans les palus du Médoc ou les plaines sableuses de Saint-Émilion ne donneront qu’un tout petit millésime 2007... C’est normal, la nature reprend ses droits, et c‘est très bien comme cela.

    Et puis, à l’exception de territoires bien spécifiques propices au Merlot (certains vins du Libournais seront remarquables), le 2007 est surtout le millésime du Cabernet-Sauvignon, mais aussi du Cabernet franc, un cépage difficile comme le Petit Verdot, qui se sont particulièrement bien exprimés cette année.

    Ce qui différencie un vrai vin (le prix n’entre pas en compte alors) d’un simple produit aseptisé, rouge ou blanc, c’est donc ce qu’il nous apporte : le plaisir.

    Et l’on ne se fait pas plaisir quand on débouche certains vins “modernes” ou à la mode. L’abus de la barrique neuve en est un exemple type. Rares sont les vrais grands vins qui dépassent 50 à 70% de barriques neuves, et, eux, ont un terroir qui permet de sortir des vins qui “tiennent” autant de pourcentage de fûts neufs.

    Il est aisé de comprendre qu’un élevage à 100% en barriques neuves ne peut que produire des vins trop boisés, imbuvables, certains à la limite de l’écœurement à cause, en plus, d’une concentration à outrance. Les années trop chaudes n’arrangent rien.

    Ce 2007 laisse s’exprimer en priorité le fruit. Je n’aime pas goûter les vins trop jeunes, mais je l’ai fait cette année pour vérifier, au hasard des fûts. J’ai constaté avec plaisir que les vins ne sont pas masqués par le bois, cela prouve qu’il y a une structure réelle.

    C’est vrai que ce 2007 demande du savoir-faire, et ne pas mettre le vin 100% en barriques neuves, préférer des barriques de peu de chauffe et oublier les barriques en chêne américain... Il fallait adapter la vinification et l’élevage pour garder le fruit et la finesse du vin, c’est tout un art, j’en conviens, et c’est cela que j’admire et respecte.

  • Bourgogne : il s'agit de savoir bien choisir

    Mes sélections sont sévères cette année, tant il y a des crus trop chers et d’autres à des prix déments dans la région, difficilement cautionnables désormais, souvent “ciblés” pour l’export, intelligemment délaissés en France comme en Belgique. En fait, ce n’est pas un problème de prix, mais bien de rapport qualité-prix. Une bouteille simplement “bonne” à 30 € (minimum) ce n’est plus acceptable, voilà tout ! Et, connus, anciens, réputés ou non, il s’agit vraiment de faire attention à certains noms dans la région pour ne pas se faire avoir. La notoriété, comme à Bordeaux, ne suffit plus.

    Pourtant, les vins de Bourgogne que j'estime et soutiens méritent leurs prix, à 10 e comme à 25 €, à 50 € comme à 100 €, certains dépassant même cette limite pour l’extraordinaire millésime 2005, où la demande est mondiale. Il suffit de comparer leur qualité intrinsèque à d’autres vins de mode totalement surcotés que l’on trouve en Languedoc, dans la Vallée du Rhône et à Bordeaux pour s’en assurer.

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  • L'envoûtant Malherbe

    À la tête des Premiers Grands Vins Classés, dans les 3 couleurs, ce qui est rarissime. Ici, face au fort de Brégançon, dans un site sauvage et unique, on savoure des vins rares et splendides. Mme Ferrari, charmante, s’occupe de ses crus avec passion et talent, et le contenant est à la hauteur du contenu puisque les vins sont présentés dans des bouteilles d’un vert sombre qui préserve leurs robes délicates des ultraviolets, avec un ruban cacheté à la cire (à la main), un habillage personnalisé pour ces vins d’exception, tout en élégance, à l’image de leur propriétaire. On s’attache à développer ici une politique qualitative extrême, en laissant s’exprimer au mieux les grands cépages provençaux, qui, dans ce contexte, prouvent qu’ils sont capables de rivaliser avec d’autres, plus réputés.

    Voir aussi : la sélection et son Classement dans MILLESIMES

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  • Région par région, ce qu'il faut retenir

    Alsace

    Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins parfois trop souples, qui deviennent de plus en plus “douceâtres”. Les millésimes 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2004, 2001, 2000, 97 ou 89).

    Beaujolais
    La force du terroir donne une réelle typicité à chaque cru, et les meilleurs vignerons s’évertuent à sortir de beaux vins, chacun représentatif du style de son appellation. Pour s’en apercevoir, il suffit d’objectivité, d’un minimum de connaissance du terrain, de modestie et de partager l’amour du vin comme le font les producteurs du Guide. Le 2006 est réussi mais délicat à maîtriser, le 2005 est très typé, le 2004 est un millésime dense et très aromatique, et le 2003, trop mûr, beaucoup moins intéressant. En Jura et Savoie, de nombreux coups de cœur, avec une gamme qui va de la plus grande fraîcheur à la plus grande complexité.

    Bordeaux
    Attention aux prix des grands crus 2005, il faut savoir choisir et ne pas se faire avoir.
    - Dans le Médoc, la priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faire la nature… Il y a une dizaine d’années, le travail des vignes avait été délaissé dans certains grands crus, au profit de la vinification et d’expériences à outrance. Si les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savent faire, en se servant des progrès mais sans masquer leur typicité. De Pauillac à Saint-Estèphe, de Moulis à Margaux, à Listrac comme à Saint-Julien, en Haut-Médoc et en Médoc, les coups de cœur sont nombreux. En parallèle, les prix très exagérés de certains vins renommés sont difficilement cautionnables, surtout pour le 2005. Misez sur les 2004 et 2002, voire 2001, très classiques, encore trop jeunes à boire, et faites-vous plaisir avec les 99, 97, 96 ou 90.
    - Structure, charme, intensité, distinction, les plus grands vins de Pomerol sont particulièrement sensibles et marqués par leurs sols, très diversifiés. Ici, nul besoin de s’escrimer à vouloir abuser de la barrique neuve ou d’une surconcentration pour faire un grand vin, c’est le terroir qui prime, et signe la distinction. Les 2004, 2003 et 2002 sont très savoureux (le 2002 peut-être même supérieur), le 2001 remarquable, plus fin, le 2000, superbe.


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